Daniele Del Giudice

Traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro.
1996, 160 pages

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DEL GIUDICE
L’OREILLE
ABSOLUE

Les personnages de ce livre sont animés par une nécessité inquiétante: leur monde imaginaire bascule dans l’action, brouillant toute frontière entre le fantasme et la réalité pratique.
C’est ainsi qu’un morceau de musique perdu dans l’éther constitue le mobile d’un homicide sans assassin; violer la mort devient admissible grâce à la persuasion, à la séduction du discours ; dans une nouvelle lancée sur le Réseau, le récit précis et cruel de la lutte corps à corps de deux femmes franchit la fiction en devenant expérimentation directe du Mal ; une nuit napolitaine encanaillée s’enfonce dans la géométrie sans issue d’une machine de sépulture du xviiie siècle ; une ancienne
forteresse, presque un objet magique, convoque des corps en bataille et une vraie victime à l’époque de la pure virtualité ; enfin, le passage d’une comète transforme l’observation en amour érotique.
Chacun des personnages de ces six histoires est obsédé par une manie qui le dépasse. La richesse des langages s’unifie dans le sentiment et dans la sensation physique, dans l’omniprésence du corps, selon le parcours annoncé par l’un des héros : « J’aimerais vous conduire jusqu’au point où l’on cesse de comprendre, où l’on cesse d’imaginer ; je voudrais vous conduire là où l’on commence à sentir. »

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