Marc Augé

Auge_1MARC AUGÉ
NON-LIEUX
INTRODUCTION à UNE ANTHROPOLOGIE
DE LA SURMODERNITé

Après La Traversée du Luxembourg, Un ethnologue dans le métro et Domaines et châteaux, Marc Augé poursuit son anthropologie du quotidien en explorant les non-lieux, ces espaces d’anonymat qui accueillent chaque jour des individus plus nombreux. Les non-lieux, ce sont aussi bien les installations nécessaires à la
circulation accélérée des personnes et des biens (voies rapides, échangeurs, gares, aéroports) que les moyens de transport eux-mêmes (voitures, trains ou avions). Mais également les grandes chaînes hôtelières aux chambres interchangeables, ou encore,
différemment, les camps de transit prolongé où sont parqués les réfugiés de la planète. Le non-lieu est donc tout le contraire d’une demeure, d’une résidence, d’un lieu au sens commun du terme. Seul, mais semblable aux autres, l’utilisateur du non-lieu entretient avec celui-ci une relation contractuelle symbolisée par le billet de train ou d’avion, la carte présentée au péage ou même le chariot poussé dans les travées d’une grande surface. Dans ces non-lieux, on ne conquiert son anonymat qu’en fournissant la preuve de son identité – passeport, carte de crédit, chèque ou tout autre permis qui en autorise l’accès.
Attentif à l’usage des mots, relisant les lieux décrits par Chateaubriand, Baudelaire ou les « passages » parisiens de Walter Benjamin, l’ethnologue remarque que l’on peut se croiser à un carrefour alors que l’échangeur interdit toute rencontre. Si le voyageur flâne en chemin ou s’égare sur une route de traverse, le passager qui prend le TGV ou l’avion est déterminé par sa
destination. Aujourd’hui, les repères de l’identité et le statut de l’histoire changent en même temps que l’organisation de l’espace terrestre. Dans ce livre, Marc Augé ouvre de nouvelles perspectives en proposant une anthropologie de la surmodernité qui nous introduit à ce que pourrait être une ethnologie de la solitude.
1992, 192 pages

MARC AUGÉ
LA GUERRE DES RêVES
Exercices d’ethno-fiction

Un nouveau régime de fiction s’instaure. Il affecte la vie sociale au point de nous faire douter de la réalité. Les reportages télévisés prennent des allures de fictions et celles-ci miment le réel. Des idylles se nouent sur Internet où l’on dialogue avec des interlocuteurs sans visage. Insensiblement, nous passons au « tout fictionnel ». Aux médiations, qui permettent le développement de l’identité, la prise de conscience de l’altérité et des liens sociaux, se substituent les médias de la solitude. La vision des désastres planétaires est désormais soumise au caprice de la télécommande.
Ces nouveaux partages entre le réel et la fiction conditionnent aussi la circulation entre l’imaginaire individuel (le rêve), l’imaginaire collectif (les mythes, les rites, les symboles) et l’œuvre de fiction. Dans ce livre, Marc Augé rappelle la menace que fait peser, sur toute vie sociale, la confusion de ces trois pôles distincts de l’imaginaire. Chaque culture institue des frontières spécifiques entre le rêve, la réalité et la fiction.
Toute société suppose de ne pas identifier le modèle et la réalité.
Dans son ethno-fiction, parcourant l’Europe et les États-Unis, l’Afrique et l’Amérique latine, l’ethnologue nous conduit aux sources de toute anthropologie sociale. Celle-ci a pour objet, à travers l’étude des institutions et des représentations, la compréhension des relations entre les uns et les autres.
Pour Marc Augé, La Guerre des rêves a commencé. Nous n’en voyons pas toujours clairement les tenants et les aboutissants. Sans être fatale l’explosion « fictionnelle » est désormais possible. La catastrophe serait de comprendre trop tard que, si le réel est devenu fiction, il n’y a plus d’espace possible pour la fiction, ni pour l’imaginaire. Pour conclure, l’auteur nous invite à une « morale de la résistance ».
1997, 192 pages

4 réflexions au sujet de « Marc Augé »

  • 21 janvier 2005 à 14 02 31 01311
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    Bonjours

    Je suis un étudiant japonais à l’école des beaux arts de Marseille. Je travaille sur le paysage, notamment sur le non-lieux. J’ai deux questions à poser .
    1. Depuis quand y- a t il l’aprrition du « non-lieux »?
    2. Depuis quand y- a – il l’apprition du rond-point?
    Merci pour laréponse

    TOMA Satoru

    Répondre
  • 21 janvier 2005 à 14 02 33 01331
    Permalink

    Bonjours

    Je suis un étudiant japonais à l’école des beaux arts de Marseille. Je travaille sur le paysage, notamment sur le non-lieux. J’ai deux questions à poser .
    1. Depuis quand y- a t il l’aprrition du « non-lieux »?
    2. Depuis quand y- a – il l’apprition du rond-point?
    Merci pour laréponse

    TOMA Satoru

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  • 8 février 2005 à 1 01 41 02412
    Permalink

    Regardez l’architecture et l’urbanisme de l’aprés guerre : surtout 1960, avec les villes nouvelles en région parisienne (développement des centres commerciaux, les banlieues qui s’étirent, architecture de « barres »…)

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  • 24 avril 2006 à 2 02 27 04274
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    c’est à Eugène Hénard, en 1906, que l’on doit l’invention du « carrefour à giration », dispositif que les architectes du XXe siècle ne cesseront de reprendre et de décliner.

    vive google

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