Jean Pouillon

PouillonJEAN
POUILLON
LE CRU
ET LE SU

L’unité, relative, de cet ensemble de textes écrits à des dates différentes et sur des sujets divers me semble, après coup, tenir à une attitude somme toute normale pour un ethnologue et qu’en tout cas il ne peut guère éviter, celle qui consiste à s’intéresser, chez ceux qu’il s’efforce de comprendre, à ce dont il ne croit pas un mot : religions, idéologies, mythologies… C’est justement parce qu’il n’y croit pas qu’il lui faut avant tout essayer de savoir pourquoi et, d’abord, comment d’autres y croient. L’ethnologue ne considère pas comme insanes les croyances religieuses ou autres, même si en tant qu’individu telle peut être son opinion. Il y voit plutôt des illusions sur lesquelles il convient de s’interroger car – Freud l’a tristement reconnu et l’histoire l’a abondamment prouvé – elles ont toujours un avenir. Elles possèdent une signification que dans chaque cas il s’agit de dégager et qui en elle-même n’est ni vraie ni fausse. L’indifférence anthropologique est précisément de ne pas estimer pertinente, en ce domaine, la question de vérité, ce qui permet de reconnaître paisiblement la créativité de l’illusion, ici comme ailleurs.
J. P.

1993, 176 pages

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