Paul Celan

Celan
Paul Celan
Le Méridien
&
autres proses

« …simplement il lui était parfois désagréable de
ne pouvoir marcher sur la tête. »
Celui qui marche sur la tête, Mesdames et Messieurs,
– celui qui marche sur la tête, il a le ciel en abîme sous lui.

Mesdames et Messieurs, il est aujourd’hui passé
dans les usages de reprocher à la poésie son « obscurité ».
– Permettez-moi, sans transition – mais quelque chose
ne vient-il pas brusquement de s’ouvrir ici ? –, permettez-moi de citer un mot de Pascal que j’ai lu il y a quelque temps chez Léon Chestov : « Ne nous reprochez pas le manque
de clarté puisque nous en faisons profession ! »
– Sinon congénitale, au moins conjointe-adjointe à la
poésie en faveur d’une rencontre à venir depuis un lieu
lointain ou étranger – projeté par moi-même peut-être –,
telle est cette obscurité. P.C.
Edition bilingue.
Traduit de l’allemand et annoté par Jean Launay
2002, 127 pages

Paul CELAN
Renverse
du souffle

C’est après la publication de La Rose de personne, Die Niemandsrose, en 1963, que Paul Celan écrit les poèmes de ce volume. Cette période coïncide avec une phase particulièrement difficile de sa vie, après une première hospitalisation dans un établissement psychiatrique.
En avril 1967, quelques mois avant la parution de
Renverse du souffle, Atemwende, Celan écrit à son fils :
« Tu sais, je pense qu’un nouveau recueil de poèmes doit paraître en septembre aux Éditions Suhrkamp (mon nouvel éditeur à Francfort), c’est une date importante dans ma vie, car ce livre, à plusieurs égards, dont, avant tout, celui de sa langue, marque un tournant (dont les lecteurs ne pourront pas ne pas se rendre compte). »

Atemwende paraît pour la première fois en français.

édition bilingue.
Traduit de l’allemand et annoté par Jean-Pierre Lefebvre
2003, 192 pages.

paul celan
gisèle celan-lestrange
correspondance
éditée et commentée par bertrand badiou
avec le concours d’éric celan

janvier 1952

Vois-tu, j’ai l’impression, en venant vers toi, de quitter un monde, d’entendre les portes claquer derrière moi, des portes et des portes, car elles sont nombreuses, les portes de ce monde fait de malentendus, de fausses clartés, de bafouages. Peut-être me reste-t-il d’autres portes encore, peut-être n’ai-je pas encore retraversé toute l’étendue sur laquelle s’étale ce réseau de signes qui fourvoient – mais je viens, m’entends-tu, j’approche, le rythme – je le sens – s’accélère, les feux trompeurs s’éteignent l’un après l’autre, les bouches menteuses se referment sur leur bave – plus de mots, plus de bruits, plus rien qui accompagne mon pas –
Je serai là, auprès de toi, dans un instant, dans une seconde qui inaugurera le temps
Paul

janvier 1970

Ne quitte pas notre niveau (solitaire) : il te nourrira.
Je n’ai aimé aucune femme comme je t’ai aimée, comme je t’aime.
C’est l’amour – chose surcontestée – qui me dicte ces lignes.

Paul

2000, t. I, « Lettres », 719 pages ; t. II, « Commentaires et illustrations », 793 pages augmenté d’un hors-texte de 96 pages. Les deux volumes sous coffret.

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