En attendant le prix Nobel de littérature

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Je viens de découvrir une grande dame de la littérature suédoise : Kerstin Ekman.
Dans « Crimes au bord de l’eau », on savoure son art de décrire avec sensualité la nature du grand Nord, les forêts, les plantes, les animaux, mais aussi les humains. Sous prétexte d’une intrigue policière (le livre traduit par Actes Sud en 1995, vient d’être repris en poche « Babel noir » en 2007, traduit du suédois par Marc de Gouvenain et Lena Grumbach), la romancière nous raconte l’histoire d’une petite communauté qui cherche le retour à la vraie vie sans artifices – utopie toujours renouvelée -, avec en particulier les personnages attachants d’une mère (Annie) et de sa fillette (Mia), mêlés à bien d’autres figures et silhouettes attachantes ou inquiétantes : gourous, manifestants écologiques, médecin déprimé, policier impuissant, etc. Au coeur du livre, il y a l’histoire, très forte, de l’initiation sexuelle d’un jeune adolescent par une séductrice anonyme. Un très beau livre qui pourrait démontrer, une fois de plus, que la vraie littérature aujourd’hui se cache souvent parmi les romans policiers.

« Il s’endormit. Sous ce soleil, ses joues brûlaient comme s’il avait eu de la fièvre. Le bruissement des bouleaux agités par les souffles du vent pénétra dans son sommeil. Des nuages s’égaillèrent dans le ciel, tels des chevaux sans cavaliers. Leur ombre déclenchait un frisson sur sa peau. Puis ils disparurent et la lumière, plus vive, pénétra sous ses paupières closes. La forêt sentait jusqu’au fond de son sommeil. »(p.200)

Kerstin Ekman est née en 1933 à Risinge, en Suède. Critique littéraire et écrivain, elle entre à l’Académie suédoise des Arts et des Lettres en 1978. Elle en démissionne en 1989 pour protester contre l’absence de réaction de l’Académie lors de la fatwa lancée à l’encontre de Salman Rushdie. Cette même année, elle reçoit le prestigieux prix Selma Lagerlöf (Cette dernière a vait reçu au début du XXème siècle le premier prix Nobel de littérature attribué à une femme).
On peut également lire d’elle en français : »Les brigands de la forêt de Skule », Actes Sud, 1993 et « Le Signe de jadis », Actes Sud, 2007.

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