Le ventre (gaster, en grec), extrait de J.P.Vernant, « L’Univers, les Dieux, les Hommes »

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« La femme est double. Elle est cette panse, ce ventre qui engloutit tout ce que son époux a péniblement récolté au prix de sa peine, de son labeur, de sa fatigue, mais ce ventre est aussi le seul qui puisse produire ce qui prolonge la vie d’un homme, un enfant. Le ventre de la femme figure contradictoirement la part nocturne de la vie humaine, l’épuisement, mais également la part d’Aphrodite, celle qui apporte des naissances nouvelles. L’épouse incarne la voracité qui détruit et la fécondité qui produit. Elle résume toutes les contradictions de notre existence (…) La femme est donc la marque d’une vie cultivée; en même temps, elle a été créée à l’image des déesses immortelles(…) La femme conjoint la chiennerie de la vie humaine et sa part divine. Elle oscille entre les dieux et les bêtes, ce qui est le propre de l’humanité. »

(Oeuvres de Vernant, I, p.59, Seuil, 2007)

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