Freud à Dolto

Les Grandes Figures, de Freud à Dolto

Article publié le 19 Février 1998
Par JEAN-LUC DOUIN

9.55 La Cinquième

 

Les Grandes Figures, de Freud à Dolto
Article paru dans l’édition du 19.02.98

Le cours et l’évasion

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ETTE SÉRIE hebdomadaire saluant le centième anniversaire de la psychanalyse comporte quatre portraits, esquisses d’un personnage et résumés d’une oeuvre, et c’est sans ironie que l’on peut dire qu’elle illustre l’expression « vite fait, bien fait ». Carl Gustav Jung (par Christian Gaillard), Jacques Lacan (par Judith Miller et François Leguil) et Françoise Dolto (par Catherine Dolto-Tolitch et Caroline Eliacheff) seront les « Grandes Figures » décryptées, après un premier hommage à Freud, le « père », par Alain de Mijolla et Lydia Flem.Joli travail de mémoire, subtil tricot de pédagogie et d’archives, ce premier épisode basique initie donc en vingt-six minutes à la vie et l’oeuvre du grand homme, qui, cherchant à dresser la carte de l’inconscient, se décrit comme un conquérant : « Je ne suis réellement pas un homme de science, ni un observateur, ni un expérimentateur, ni un penseur. Par tempérament, je ne suis qu’un conquistador, un aventurier… »L’un, Mijolla, planté dans une bibliothèque, énumère les faits, rappelle les dates, résume les livres phares de ce Christophe Colomb des régions psychiques inexplorées : balises scientifiques. L’autre, Lydia Flem, assise sur un canapé, commente l’itinéraire de celui qui se révèle poète, romancier adepte des métaphores, arpenteur de paysages mythologiques, archéologue au bureau-sanctuaire hanté de statuettes antiques : interprétations et rêves. Mijolla assure le cours, Lydia Flem encourage l’évasion ; disciple de Freud en ceci qu’elle conte, plus romantique que positiviste, friande d’images et préférant la séduction au dogmatisme. Forcément frustrante, l’émission ouvre, grâce à ces deux passeurs alliant compétence et sens de la proximité, des horizons qui sont autant de brèches dans ce continent de l’obscurantisme qu’est, aux heures totem, la télévision. Freud : voilà un homme qui mêla le quotidien au sublime, l’expérience clinique à la certitude de ne posséder aucune vérité dernière, apaisa des souffrances et se projeta en Moïse, Guillaume le Conquérant, Mozart. Sujet rêvé pour sortir le petit écran de son « splendide isolement », loin de la culture. 

JEAN-LUC DOUIN

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