KU-KLUX-KLAN

C’est au lendemain de la guerre de Sécession et de l’assassinat du président Abraham Lincoln qu’est né, en 1866, dans le Tennessee, le Ku-Klux-Klan. Les fondateurs en sont des jeunes gens d’origine écossaise qui créent le nom de leur association à partir du mot grec kuklos, cercle et du terme écossais clan qui signifie groupe familial. Constitué comme une armée secrète, le K.K.K. organise la terreur dans le Sud des Etats-Unis afin de faire échouer l’émancipation des Noirs que le XIIIe amendement à la Constitution vient de leur accorder. Lynchages, tabassages, flagellations nocturnes, incendies, tortures dont partie de leurs méthodes ainsi que le port de longues robes blanches et d’effrayantes cagoules.

Officiellement dissoute en 1869 par le « Grand sorcier », Nathan Bedford Forrest, cette organisation réapparaît après la Première Guerre mondiale et étend alors son influence à toute l’Amérique. A la lutte contre les Noirs s’ajoute aussi un combat raciste violent contre les Juifs, les immigrants et les membres de minorités ethniques ainsi qu’une vive opposition aux communistes et aux catholiques. En 1925, on compte plusieurs millions d’adhérents, les Kuxlers.

Le K.K.K. est structuré selon une hiérarchie complexe et ésotérique. A sa tête se trouve le « Grand sorcier de l’Empire invisible », assisté par les « Grands dragons », responsables de chaque Etat ; « Grands titans », « Grands géants » et « grands cyclopes » se partagent les districts, comtés et « tanières » du territoire des Etats-Unis. Avec une croix celtique brodée sur leurs robes, comme signe de ralliement, ils organisent de grandes processions mystico-religieuses au cours desquelles ils brandissent des croix en feu, qu’ils plantent ensuite devant les maisons de ceux qu’ils désirent intimider et menacer.

Après une nouvelle chute de son influence en 1929, l’époque du sénateur Mac Carthy s’accompagne d’une reprise de ses activités racistes et anti-démocratiques. Depuis 1960, le K.K.K. se signale par son opposition aux courants pacifistes, antiracistes et à l’évolution des mœurs. Les membres du Ku-Klux-Klan se sont rendus responsables de plusieurs meurtres contre des Noirs, des militants des droits civiques ou de pressions et menaces de mort contre ceux qui ne partagent pas leurs idées tels des pasteurs enseignant l’égalité des hommes ou des intellectuels comme Herbert Marcuse.

Une fois de plus, on voit comment une idéologie raciste se pare des grandes figures mythiques et archaïques de différentes traditions pour fonder son honorabilité : Cyclopes et titans, enfants du Ciel et de la Terre dans les mythes grecs des origines de l’Univers se mêlant aux généalogies issues de Rob-Roy, ce héros légendaire d’Ecosse.

Lecture

–       David M. CHALMERS, L’Amérique en cagoule. Cent ans de K.K.K. 1865-1965, Trévise, 1966.

–       Godfrey HODGSON, « Carpetbaggers » et Ku-Klux-Klan, Gallimard, coll. « Archives », 1966.

–       William Peirce RANDELL, Le Ku-Klux-Klan, Albin Michel, 1966.

Cf. Noirs.

 

 

 

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