Sources de Paris Fantasme (Seuil, 2021)

(en cours)

Précieux sont les notaires, copistes, archivistes, savants ou amateurs de la période xvie‑xxie siècle, les Archives de France, ainsi que les sites de la BNF (Gallica), des musées de Paris, du MoMA à New York, sans oublier les universités dans le monde.

Parmi les nombreuses lectures qui ont accompagné ce livre on trouve notamment :

Virginia Woolf, Street haunting.A London Adventure, traduction personnelle; édition française : Au Hasard des rues, Ed.Interférences, 2014.

Gaston Bachelard, Poétique de l’espace, (PUF,1957), Quadrige, 2001.

Eric Hazan, Une Traversée de Paris, (Seuil, 2016), Points 2017.

Arlette Farge, Le Goût de l’archive, Seuil, 1989.

Pour les recettes :

Potage au lait d’amandes, p.75, in  Odile Redon, Françoise Sabban, Silvano Serventi, La Gastronomie au Moyen Age, préface de Georges Duby, Stock, 1991.

Pot-au-feu, p.122-124, in Alexandre Dumas, Grand Dictionnaire de la cuisine, 1873, p.866.

Recette des saucisses de brigands calabrais à la Giono, p.154-155, et recette surréaliste du rôti à l’impératrice, p.197 in Laure Murat, Passage de l’Odéon. Sylvia Beach, Adrienne Monnier et la vie littéraire à Paris dans l’entre-deux-guerres, Paris, Fayard, 2003, p.17-18-19.

Recette de gelée au parfait amour, p.346 in Marie-Antoine Carême, Le pâtissier royal parisien ou Traité élémentaire et pratique de la pâtisserie ancienne et moderne, Tome II, 1815.

ARCHIVES ET FANTOMES (p.49-65)

Archives de France consultées en ligne la dernière fois le 29.8.2020  https://francearchives.fr/fr/location/18326241

Henry Boulay de la Meurthe, Histoire du choléra-morbus dans le quartier du Luxembourg, ou Précis des travaux de la Commission sanitaire et du bureau de secours de ce quartier… par M. H. Boulay de la Meurthe,… https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5426690v.r=Ferou?rk=2339067;2 (dernière consultation le 26 septembre 2020)

Alfred Franklin , Etat, noms et nombre de toutes les rues de Paris en 1636 : d’après le manuscrit inédit de la Bibliothèque nationale. Précédés d’une Étude sur la voirie et l’hygiène publique à Paris depuis le XIIe siècle, p.122.(dernière consultation le 31 décembre 2021)

A LA RECHERCHE D’ ETIENNE FEROU (p.71-91)

Michel d’Amboise « Quatre satyres de Juvénal, translatées de latin en francoys par Michel d’Amboyse, escuyer, seigneur de Chevillon . C’est assavoir la VIII, X, XI & XIII… ». https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8509167/f93.image (consulté sur Gallica le 2 janvier 2019).  Les Oeuvres complètes de Michel d’Amboise sont en cours de publication sous la direction de Sandra Poveri chez l’éditeur Honoré Champion.

Bibliographie des œuvres de Michel d’Amboise, publié le 21/03/2018 https://mdamboise.hypotheses.org/ consulté le 3 janvier 2019

Adolphe Berty, Topographie historique du vieux Paris.  Région du Faubourg Saint-Germain, Imprimerie impériale, puis nationale, (1866-1897), p.142, consulté la dernière fois le 29.8.2020 sur Gallica  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6517961n/f248.image.r=Ferou?rk=1115885;2

Emile Campardon et Alexandre Tuetey, Inventaire des registres des insinuations du Châtelet de Paris: règnes Français Ier et de Henri II, 1906 (consulté sur Gallica la dernière fois le 1er janvier 2022), p.IX.

Alain Collas, « Une famille de notables ordinaires aux XIVe, XVe et XVIe siècles : les Chambellan de Bourges, 1300-1585 »,  Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest. tome 103, numéro 4, 1996. pp. 25-57 : https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1996_num_103_4_3885.

Pierre Couperie et Madeleine Jurgens, « Le logement à Paris au XVIe et XVIIe siècles », Les Annales, 1962.: https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1962_num_17_3_420850

Ernest Coyecque , Recueil d’actes notariés relatifs à l’histoire de Paris et de ses environs au  XVIe Siècle, II, 1532-1555, in Archives de France (consulté en ligne).

Charles Desmaze, Le Châtelet de Paris : son organisation, ses privilèges : prévôts, conseillers, chevaliers du guet…, 1870

Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe, tome XVIII, 1922, http://www.corpusetampois.com

Jacques Du Breul, Le Théâtre des antiquitez de Paris, p.510.: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6457319v.texteImage

Gustave Dupont-Ferrier. Les avocats à la Cour du Trésor de 1401 à 1515. In: Bibliothèque de l’école des chartes. 1936, tome 97. pp. 5-81.: https://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_1936_num_97_1_452473.pdf, p.60.

Édit de 1543 sur la basse Juine et l’Essonne de François Ier et son Parlement , édition critique Belkaïd & Gineste, 2012 (consulté sur http://www.corpusetampois.com/che-16-francois1er1543rivieredetampes.html

John Gagné, Collecting Women: Three French Kings and Manuscripts of Empire in the Italian Wars (à propos de la mère de Michel d’Amboise,Ippolita Scaldasole)

Pierre de Gaxotte,(sous la direction) « Le vieux Paris au souffle du progrès », in Paris au XVIIIe siècle, Arthaud, 1982, p. 77-104.: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k48111457.texteImage

Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, éd.de Minuit, 1961.

A. Hustin, Le Luxembourg : son histoire domaniale, architecturale, décorative et anecdotique , p.45 (consulté sur Gallica)

Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844, p.215: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200946t/f221.item.texteImage.

Abbé Lebkuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Abbaye de Saint-Germain-des-prés,  Reg. d’ensaisinements de 1530 et 1531, fol.32 V, Arch. nation. portefeuille S 3006

Louis-Sébastien Mercier , Tableau de Paris (1782-1788), consulté sur le site de la BNF, Gallica.

Audrey Nassieu Maupas , « Sources et méthodes de l’histoire des métiers artistiques en France (xvie-xviie siècles) », ,https://journals.openedition.org/ashp/1508 consulté le 3 janvier 2019.

Jean-Pierre Niceron, Mémoires pour servir à l’histoire des hommes illustres dans la république des lettres. (Michel d’Amboise)Tome 33. (consulté sur Gallica le 2.1.2020): https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1042571p/f354.image

1 RUE FEROU (p.95-98)

Archives de France consultées en ligne.

Frédéric Barbier, blog http://histoire-du-livre.blogspot.com/2012/02/histoire-du-livre-au-quotidien-en-1819.html (consulté le 5 septembre 2019, à propos du libraire Blaise.

Etats civils de quelques artistes français, Piot, 1873, consulté en ligne sur Gallica à propos de Cassandre :https://www.cassandre-france.com/

Charles Lefeuve, Les anciennes maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison. Tome 5, 1875, p.231: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63864345/f237.image.r=F%C3%A9rou%20rue (consulté la dernière fois le 26 septembre 2020)

2 RUE FEROU : LE CURE DE SAINT-SULPICE  (p.99-110)

Henry Baudrand, Portrait de J.J.Olier in Bibliothèque sulpicienne, Mémoire sur la vie de M.Olier, tome III, p.451. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6558962g/f461.image.r=Biblioth%C3%A8que%20sulpicienne%20tome%20III (consulté la dernière fois le 26 septembre 2020.

Antoine Louis Bertrand, Bibliothèque sulpicienne, ou Histoire littéraire de la Compagnie de Saint-Sulpice, 1900, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65596101?rk=21459;2 (consulté la dernière fois le 26 septembre 2020)

Etienne-Michel Faillon, Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de S. Sulpice, 1873 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6435925g.texteImage (dernière consultation le 2 janvier 2022).

Frédéric Monier, Vie de Jean-Jacques Olier, curé de la paroisse et fondateur du séminaire de Saint-Sulpice, 1914.

Jean-Jacques Olier, L’Âme cristal. Des attributs divins en nous, préface de Jacques Le Brun, éd. Mariel Mazzocco, Seuil, 2008.

Jean-Jacques Olier, De la Création du mondeà la vie divine ,éd. Mariel Mazzocco, Seuil, 2009.

Jean-Jacques Olier, Des Anges. Fragrances divines et odeurs suaves, éd. Mariel Mazzocco, Seuil, avant-propos de Maurice Olender, Seuil, 2011.

Bernard Pitaud, Jean-Jacques Olier, Lessus, 2017. https://issuu.com/editions_fidelite/docs/9782872993239

2 RUE FEROU : LE BATEAU IVRE (p.113-124)

Fondation TEGEN-BEELD,  www.muurgedichten.nl

Marleen van der Weij: Dicht op de muur. Gedichten in Leiden. Gemeente Leiden, Dienst Bouwen en Wonen, 1996, Burgersdijk & Niermans, Leiden, 2000.  [Description of the first 43 poems]

Marguerite Yourcenar, Lettre à Jean Lambert du 2 janvier 1959 in Michèle Goslar,  Yourcenar. Biographie. « Qu’il eût été fade d’être heureux », p.230, Bruxelles, Racine, 1997, rééd. Lausanne, L’Âge d’Homme, 2014.

CUL-DE-SAC FEROU : de Voltaire à Chateaubriand (p.129-140)

Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe, tome 2, Pléiade.

Georges Collas, « Les Jours douloureux de la femme et des soeurs de Chateaubriand » 1792-1794) : https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1949_num_56_1_1870 (dernière consultation le 2 janvier 2022)

Léonore Losserand. « Le noviciat des Jésuites (1610-vers 1806), un fragment d’histoire du Paris disparu », Bulletin de la Société d’histoire de Paris et de l’Île-de-France, 2014, pp.91-108 : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01577022/document (dernière consultation le 2 janvier 2022)

Anne Soria, professeur de piano, Tableaux des expositions de 1798 à 1900 :http://www.iremus.cnrs.fr/sites/default/files/expositions_1798-1900.pdf

Facteurs de piano en France : http://www.lieveverbeeck.eu/Pianos_francais_s.htm

Voltaire, Correspondance, lettre à Monsieur d’Argental du 5 novembre 1777.

2 BIS RUE FEROU : LA VIE QUOTIDIENNE DE MAN RAY (p147-198)

Marianne Amar, « Les guerres intimes de Lee Miller », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés https://journals.openedition.org/clio/1396?gathStatIcon=true&lang=en

Neil Baldwin, Man Ray, une vie d’artiste, Plon, 1990.

Leszek Brogowski. « De l’habitude créatrice au caractère anarchiste: Man Ray et la Ferrer Modern School. Valérie Mavridorakis, Christophe Kihm. Transmettre l’art. Figures et méthodes. » Quelle histoire?, Les presses du réel, pp.31-52, 2013, Figures, 978-2 : https://hal.univ-rennes2.fr/hal-01534381/document

George Goodwin, Days and nights of Juliet interview 27 juillet 1981,University of California. Los Angeles. Oral History Program. http://digital2.library.ucla.edu/dlcontent/oralhistory/pdf/masters/21198-zz0008zdcp-4-master.pdf?_ga=2.50613931.320971949.1641 (dernière consultation le 2 janvier 2022)

Peggy Guggenheim, Ma vie et mes folies, Plon, 1987.

Milly Heyd, « Man Ray/Emmanuel Radnitsky: Who is Behind the Enigma of Isidore Ducasse? »; in Complex Identities: Jewish Consciousness and Modern Art; ed. Matthew Baigell and Milly Heyd; Rutgers University Press, 2001.

François Lévy-Kuentz, Man Ray, 2 bis rue Férou, film 22’.

Lee Miller, A Life With Food Friends & Recipes, by Ami Bouhassane, Penrose Film Productions; Grapefrukt Forlag, 2019.

Laure Murat, Passage de l’Odéon. Sylvia Beach, Adrienne Monnier et la vie littéraire à Paris dans l’entre-deux-guerres, Paris, Fayard, 2003

Man Ray, Autoportrait, traduit de l’Anglais (États-Unis) par Anne Guérin, Actes Sud, 1998, (Self Portrait, 1963).

Man Ray, Hollywood Album, n°79 « The small suitcase », p.185-186 in Writings on art (publié par Jennifer Mundy), 2016. (dernière consultation le 2 janvier 2022)

Man Ray, « L’Interview de camera », in « Ce que je suis » et autres textes, ed. Hoëbeke, 1998.

Man Ray, projet Pochette Rolling stone dive : https://culturieuse.blog/2018/05/17/man-ray-le-luminescent-1890-1976/

Serge Sanchez, Man Ray, Folio, 2014.

3 TER rue Férou : JOURNAL INTIME (p.221-268)

Antoine Grumbach, « L’Ombre, le seuil, la limite. Réflexions sur l’espace juif », Mahj, conférence le 7 juin 2007.

4 RUE FEROU : LE GOUVERNEUR ET LES CADAVRES EXQUIS (p.269-284)

Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, (1788).

M. de Beaufond, « 4 rue Férou », in Bulletin paroissial de Saint-Sulpice du 25 décembre 1918  : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6522733c/f7.image.r=rue%20F%C3%A9r(dernière consultation le 29 décembre 2021)

Michel Déon, Bagages pour Vancouver. Mes arches de Noé II, Éditions de La Table Ronde, 1985 (pp. 102-103, 175).

Léon Quentin , Vies, aventures et découvertes des célèbres marins français : voyages, expéditions militaires, exploits, batailles, abordages,…  1861, sur Mahé de La Bourdonnais, p.51 et ss.

Jacques Prévert, Oeuvres complètes, La Pléiade, tome II, p.948, 1111,1116-1117.

5 RUE FEROU : Grains de café et broderies d’or (p.287-299)

Vladimir Dimitrijevic, Personne déplacée. Entretiens avec Jean-Louis Kuffer, Lausanne, Ed.Favre, 1986; réédition Lausanne, L’Age d’Homme, 2008.

Jean Leclant, « Le café et les cafés à Paris (1644-1693) », Annales, 1951, 6-1, p.1-14. consulté en ligne https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1951_num_6_1_1900

Danièle Véron-Denise, « Les ornements épiscopaux du XVIIIe siècle des cathédrales de Metz et de Carcassonne et l’atelier parisien de la famille Rocher », Patrimoines du Sud (consulté le 13 novembre 2019) : https://journals.openedition.org/pds/944

6 RUE FEROU : le fabuleux destin de l’hôtel de Mlle de Luzy (p.307-347)

Archives de France en ligne : Mlle Luzy (inventaire après décès)

G.Aulbaut de la Haute chambre, Ruelles de Saint-Sulpice, 1918, p.29 et ss : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64396337/f39.item.texteImage (dernière consultation le 31 décembre 2021)

Pierre Barbe, déorateur : Archiwebture.citedelarchitecture

Olivier Burgelin a été le jeune directeur de la Maison des lettres des années 1957 à 1962; il a notamment invité Roland Barthes à faire une conférence en 1957 (communication personnelle).

Vincent Casanova, « Jalons pour une histoire du Chant du monde », in Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 18, printemps 2004 (en ligne), p.83-98.

Bob Colacello, The Wow of Sao, in Vanity Fair, 23 septembre 2010

Emile Campardon, Les comédiens du roi de la troupe française pendant les deux derniers siècles , 1879 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64385199.texteImage (dernière consultation le 3 janvier 2022).

Grimm, Correspondance littéraire, tome X, p.416.

Paul Jarry, Les vieux hôtels de Paris, « le quartier du Luxembourg », Paris, Ch.Moreau, 1934.

Paul Jarry, L’Européen, 22 février 1935, p.10 : dernière consultation le 31 décembre 2021 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5513215j/f12.item.

Renaud de Jouvenel : https://maitron.fr/spip.php?article138035, notice JOUVENEL Renaud de [DE JOUVENEL DES URSINS] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 1er septembre 2011, dernière modification le 24 août 2021.

Jacques Lacarrière, Chemin d’écriture, Plon, 1988.

Le Foll-Luciani, Pierre-Jean. « Des étudiants juifs algériens dans le mouvement national algérien à Paris (1948-1962) »in : La bienvenue et l’adieu | 2 : Migrants juifs et musulmans au Maghreb (XVe-XXe siècle) Casablanca : Centre Jacques-Berque, 2012 https://books.openedition.org/cjb/167?lang=fr (généré le 20 mars 2020, p.11).

Frédéric Loliée, La Comédie-française : histoire de la Maison de Molière de 1658 à 1907, 1907.

Mlle de Luzy : portrait miniature sur une boîte ancienne, antiquaire new-yorkais :www.wilnitsky.com ; buste de Mlle Luzy par Caffieri au musée Carnavalet, dessin sur le site de la Comédie Française : https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/mlle-luzy

Claude Mazauric , « Histoire et engagement : avec Claude Mazauric », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 104 | 2008, p.45.


Michael Reynolds, Hemingway Housecoming, Norton, 1999.

Charles-Maurice de Talleyrand, Mémoires du prince de Talleyrand., à propos de sa rencontre avec Mlle Luzy, p.22.

Emmanuel Vingtrinier, Théâtre à Lyon au XVIIIe siècle (Luzy), 1879 : https://archive.org/stream/lethtrelyonauxv00vinggoog/lethtrelyonauxv00vinggoog_djvu.txt

 7 RUE FEROU : ATELIER d’ORFEVRES (p.361-365)

Bernard Berthod, Dictionnaire des arts liturgiques XIXe-XXe siècle, 1996.

Edmond Lesage, lettre avec en-tête : https://www.delcampe.net/fr/collections/factures-documents-commerciaux/france-1800-1899/75-6724-paris-1898-orfevre-edmond-lesage-7-rue-ferou-succ-a-chertier-295198252.html

Elisa Rausch : « Le Mystère du Pont-Neuf », Le Petit Journal, 14 juin 1879 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5940479/f3.item

8 RUE FEROU ; DES MOTS, DES MOTS, DES MOTS (p.371-376)

Louis BatiffolLa vie de Paris sous Louis XIII : : l’existence pittoresque des Parisiens au XVIIe siècle, 1932 (quartier des imprimeurs et libraires (arrêt du 1er avril 1620)

Belin, Notre livre intime de famille, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1893 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8404152.image.

Belin : Maisons d’éditions scolaires : http://www.le-temps-des-instituteurs.fr/ped-editeurs-xixe-siecle-.html

Robert Darnton, Un tour de France littéraire. Le monde du livre à la veille de la Révolution, Gallimard, 2018.

Jean-Paul Fontaine,« histoire de la bibliophilie »./2016/05/la-descendance-de-francois-belin-1748 : http://histoire-bibliophilie.blogspot.com/2016/05/la-descendance-de-francois-belin-1748.html (dernière consultation le 3 janvier 2022).

Jean de Mayol de Lupé, Un enfant d’autrefois, Perrin,1943.

Viera Rebolledo-Dhuin, La librairie et le crédit. Réseaux et métiers du livre à Paris (1830-1870), thèse de doctorat, en ligne https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00768969/document.

10 RUE FÉROU : CHEZ MADAME DE LA FAYETTE (p.389-395)

Ellen J.Chapco,  « La cour et le cabinet : l’espace-femme dans La princesse de Montpensier, La princesses de Clèves et La Comtesse de Tende de madame de la Fayette » in : Homo narrativus : Recherches sur la topique romanesque dans les fictions de langue française avant 1800 [en ligne]. Montpellier : Presses universitaires de la Méditerranée, 2001 (généré le 03 janvier 2020) https://books.openedition.org/pulm/1349?lang=fr.

Claude Dulong, « Mme de la Fayette et ses placements immobiliers, bulletin de la société d’étude du XVIIe siècle, p.241 et ss (dernière consultation le 31 décembre 2021).

François-Ronan Dubois. Jean Regnault de Segrais, Pierre-Daniel Huet et Gilles Ménage dans la correspondance de Marie-Madeleine de Lafayette. François Le Guennec. Savantes femmes & citoyennes de Tendre en Europe (1607-1678), L’Harmattan, pp.107-120, 2014 : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01346136/document

AUTOBIOGRAPHIE DE MON CORPS (p.397-402)

Joana Duarte Bernardes, « Habiter la mémoire à la frontière de l’oubli : la maison comme seuil »

Ludwig Binswanger, Le problème de l’espace en psychopathologie, PUM, 1998.

Xavier Bonnaud, L’expérience architecturale, 2014, en ligne consulté le 20 juillet 2020, https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-01666829/document

Maurice Merleau-Ponty, La Phénoménologie de la Perception (1945)

Eugène Minkowski, Le Temps vécu, PUF, 2013.

 11 RUE FEROU : RENAN ET LA SAINTE PARISIENNE (p.403-410)

Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1883)

Catherine de Bar et les Bénédictines du Saint-Sacrement :https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57575429/f8.image.r=Ferou?rk=2446364;0

13-15-17 RUE FEROU : PROUST, TOLSTOI, Manon et l’Internationale (p.411-429)

Armand Cuvillier, Un journal d’ouvriers : « L’atelier » (1840-1850), Éditions Ouvrières, Paris, 1954.

Louise Leneveux, éditrice : L’Herbier des demoiselles de M.Boitard,1832.

Eugène Pottier, in Maitron, https://maitron.fr/spip.php?article136003, (dernière consultation le 26 sptembre 2020).

Eugène Pottier, Chants révolutionnaires, Editions sociales internationales, 1937 : http://ciml.250x.com/archive/music/french/chants_revolutionnaires_pottier.pdf (dernière consulatation le 26 septembre 2020).

Eugène Pottier : http://www.socialisme-libertaire.fr/2018/08/eugene-pottier-communard-et-un-poete-militant.html

Sophie Tolstoï, A qui la faute ?, Albin Michel, 2010

Société historique du 6e arrondissement de Paris, « Fantin-Latour, les domiciles dans le 6eme », Charles Saunier, bulletin VIII – Année 1905.

« Hommage de Michel Deguy à sa belle-sœur, Marie-Claude Brossollet, décédée le 19 avril 2019, prononcé lors de son enterrement à la basilique Sainte-Clotilde » in Po&sie. https://po-et-sie.fr/chroniques/a-marie-claude-brossollet/(consulté la dernière fois le 31 décembre 2021)

DANS LA PEAU D’EUGENE ATGET (p.431-478)

Les photographies d’Eugène Atget ont été consultées sur les sites de Parismuseescollections ( Musée Carnavalet), Gallica, et MOMA. Par exemple : https://www.moma.org/collection/works/43272. (Atget, rue Férou,1900).http://parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carnavalet/oeuvres/hotel-de-mahe-de-la-bourdonnais-4-et-6-rue-ferou-6eme-arrondissement-paris (consultée la dernière fois le 31 décembre 2021)

Eugène Atget : trois lettres à Paul Léon, directeur des Beaux-Arts de Paris, ont été publiées dans La Recherche photographique, » n°10, Collection, série », juin 1991, Maison européenne de la photographie, p.37, directeur de la publication, Jean-Luc Monterosso.

La lettre originale « Je suis à l’agonie » a été vendue chez Artus enchères le 2 juin 2013 (lot 82) : https://www.yumpu.com/fr/document/read/17331605/resultat-de-la-vente-du-02-juin-2013-artus-encheres  (consulté la dernière fois le 31 décembre 2021)

Jean-Marie Baldner, Qui est Eugène Atget ?  http://expositions.bnf.fr/atget/arret/01.htm (consulté pour la dernière fois le 31 décembre 2021)

Walter Benjamin, L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (version de 1939), traduction de Maurice de Gandillac, revue par Rainer Rochlitz, Folio, p.24-25.

Walter Benjamin, Petite histoire de la photographie, traduction de Lionel Duvoy,  éd. Allia.

Clément Chéroux, Sur quelques vitrines d’Eugène Atget : http://expositions.bnf.fr/atget/arret/29.htm

Guillaume Le Gall, de nombreux textes dont Atget et le théâtre consulté sur : http://expositions.bnf.fr/atget/arret/02.htm

http://expositions.bnf.fr/atget/arret/29.htm

Eric Hazan, L’invention de Paris. Il n’y a pas de pas perdus, (Seuil, 2002), Points 2004.

Ricardo Ibarlucia, Desnos et la place d’Atget dans l’histoire de la photographie, « Aisthesis, mai 2016.

Molly Nesbit, «  La seconde nature d’Atget », in Actes du colloque Atget, numéro spécial de Photographies, mars 1986, cité in Eric Hazan, L’Invention de Paris, p.470.

Sur Mlle Dupont, voir Galerie historique des comédiens de la troupe de Talma, pp. 333-342, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2043538/f361.image consulté la dernière fois le 29.8.2020 sur Gallica

Anna Radwan, Mémoires des rues. Paris 6e arrondissement.1900-1940, Parigramme, 2015.

J.P.Vernant, « Franchir un pont », in Oeuvres II, p. 2339 et ss, Seuil, 2007.

PRONONCER LEURS NOMS

Rue Faron : Les Archives de France consultées la dernière fois le 29.8.2020 : https://francearchives.fr/fr/search?q=rue+Fa

Chaque livre est une boîte à trésors

Presse Paris Fantasme, 2021

Marc Danval, samedi 23 octobre 2021, La Troisième Oreille

Rtb, radio belge, La Première,

( Entre les minutes 47’et 50′ environ ) et Libr’Arbitres n°36

J’aimerais évoquer un livre très captivant de Lydia Flem, Paris Fantasme, qui a paru aux éditions du Seuil. Lydia Flem, membre de notre Académie royale, nous détaille une enquête prodigieuse, centrée sur un petit bout de rue de Paris, rue Férou. Son livre m’a fasciné parce qu’elle ne se contente pas de décrire les lieux, Lydia Flem fait mieux, elle imagine et fait revivre ceux qui ont marqué cette petite artère magique : Mme de la Fayette, Man Ray, l’affichiste Cassandre ou encore Ernest Hemingway. Méticuleusement elle a recensé tous les habitants de 1635 à 1932, elle s’avère exactement le contraire d’une promeneuse passive, rien ne lui échappe, elle va tout voir, tout deviner, tout comprendre. Si je connais bien Paris, peut-être mieux qu’un Parisien, j’ignore tout de la rue Férou. de par ce récit magistral, je pense m’avoir trouvé dans ces lieux de mémoire fertils.

L’auteur de La Reine Alice, celle de Lewis Caroll évidemment, dit avec justesse, elle ne le dit pas, elle cite Marivaux : « Paris est l’abrégé du monde ». La beauté du texte nous invite à une découverte, je l’estime impérative.

Lydia Flem dédie d’une certaine manière son livre à Eugène Atget en justifiant son objectif (c’est le cas de le dire) : « Mon très cher Eugène Atget, votre précieuse collecte du Paris en voie de disparition m’encourage à poursuivre l’insensé de mon propre chantier : esquisser l’arbre généalogique d’une ruelle parisienne sur cinq siècles d’existence, son patrimoine, ses lieux d’oubli et de mémoire, la trace fugitive de ses habitants. Un défi. Un fantasme. »

Comme l’écrit Lydia Flem avec une singulière sensibilité, chaque livre est une lanterne magique, une boîte à trésors.

Lettre à Paul Celan

Chinon, 23 avril 1939, Paul Celan, assis sur le sol devant Marcel Sellier et Edith Esser-Flem, ma mère
(Fonds Maurice Olender.Imec)

Dans la monumentale édition de la Correspondance de Paul Celan et Gisèle Celan-Lestrange, éditée et commentée par Bertrand Badiou avec le concours d’Eric Celan, 2 volumes parus au Seuil en 2001, dans la collection « Librairie du XXIe siècle » dirigée par Maurice Olender, dans le chapitre intitulé, Chronologie, on lit : « Printemps. Bref séjour à Paris avec deux amis de Tours, Edith Esser et Marcel Sellier, condisciple de l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie. Ils logent ensemble dans l’appartement d’un ami de Marcel Sellier, rue Monsieur-le-Prince (6e). Ils assistent à deux représentations théâtrales : La Mouette d’Anton Tchekhov, avec Georges Pitoëff, et Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains, avec Louis Jouvet, à l’Athénée. » (p.466)

Dans le Dossier iconographique, on trouve la seule photo connue de Paul Antschel (devenu Paul Celan) à dix-huit ans, prise à l’époque de son premier séjour en France, lors d’une excursion organisée par la section des Auberges de jeunesse de Tours, dans la cour du château de Chinon, le 23 avril 1939, et conservée par ma mère. Sur cette photographie de groupe, on voit au premier plan, Paul, assis sur le sol, devant Marcel Sellier, Edith Esser ( devenue après son mariage Jacqueline Flem), et sept autres camarades.

Dans les Lettres d’amour en héritage, j’évoque, sans le nommer la rencontre de ma mère avec Paul Celan, à Tours, au cours de l’année académique 1938-1939 :

« Avant la guerre, à Tours, tu avais deux amis, l’un s’appelait Marcel, l’autre Paul. Tu aimais le premier, le second était amoureux de toi. Quarante ans après la guerre, tu appris incidemment ce qu’il advint de ce dernier.  Tu en fus bouleversée. Je t’en voulais d’avoir préféré le pharmacien au poète. Je lui adressai une lettre imaginaire. » (p.85-86).

Voici cette lettre imaginaire écrite en février 1997, à Knokke, au bord de la mer du Nord :

LETTRE A PAUL CELAN

L’heure est venue,

Je m’adresse à toi, Paul,

qui a parlé pour ceux qui ont perdu leur ombre,

pour ceux que les nuages ont ensevelis

pour tous les enfants qui ont rejoint le pays

des enfants qui ne naîtront jamais plus.

Ta bouche a mûri les mots,

Ses lèvres à elle se sont scellées.

Elle portait des cheveux d’or, et tu l’as aimée.

C’était à Tours, en mille neuf cent trente-huit.

La meute n’était pas encore venue

Coaguler le sens

Transpercer les syllabes.

La neige s’est couchée entre vous, l’as-tu su ?

Elle a bu à la louche de cendres, le

« Schwarze Milch »

que tu as voulu

exorciser.

T’es-tu souvenu de votre nuit passée jusqu’à l’aube

A discuter de la prononciation du mot

« Milchmann » ?

La cicatrice du destin vous a éloignés

Et tenus bord à bord.

Pardonne-moi, Paul, de t’écrire, mais je n’ai

personne

D’autre à qui m’adresser.

Tu es la Rose de Personne.

Rose est mon nom.

Ma douleur est sans paupières.

La jeune fille à la lourde chevelure que tu as aimée

C’est elle qui m’a chargée d’un fardeau de silence.

Je suis devenue l’arpenteur d’un

temps qui ne passe plus.

Je bois au lait noir d’une aube

que je n’ai pas connue.

Tu écris : « Tu dois respirer, respirer et être toi. »

Pour qui as-tu dessiné ces mots ?

De qui as-tu voulu desserrer la cage de poumons

impairs ?

Dis-moi,

Peux-tu réveiller les noms qui dorment

Et épeler l’alphabet perdu ?

Je te voudrais mon

Maître

Baliseur.
           

Je te vole tes mots

Je te vole tes ailes

Pour apprendre à nouer

Le nom et la main

Le corps et l’oubli

Et que reposent enfin les morts

Et que vivent les survivants.

Que la meute demande pardon

Et que jusqu’à la septième génération

Le deuil s’effectue.

Vous étiez beaux tous les trois,

Sur cette photo prise en Touraine.

Trois copains parmi d’autres copains.

Edith, près de Marcel, et toi, Paul,

à ses pieds, en culottes courtes, le regard aigu.

Tu l’as aimée, elle en aimait un autre.

Elle voulait oublier les insultes

De la cathédrale de Cologne,

Se cacher dans la langue de France,

Ramasser les noix sur les chemins,

Regarder le ciel comme un berceau d’étoiles,

Boire le vin des dimanches,

à l’abri d’elle-même, cesser d’être la juive.

Vous étiez bons amis,

Marcel, étudiant en pharmacie

Et toi, Paul, en médecine, venu de Roumanie.

Vous partagiez bien des vues sur les choses,

à deux, à trois, vous partiez en ballade.

Vous n’aviez pas vingt ans.

Plus tard, il n’y eut plus de plus tard.

Ni de mains pour tenir leurs mains.

Debout sur leurs yeux en amandes

Personne

Nulle part

pour s’inquiéter de leur absence

pour rappeler leurs noms aux vivants.

Plus tard,

les mots se sont séparés des mots

la parole s’est coupée du sens

Il n’y eut plus que le bruit inaudible pour

recouvrir

Le givre et le sang

Et la fumée qui clôt les heures.

Je suis née après vous, après eux.

Je suis née d’elle, et de celui qu’elle a choisi.

Donne-moi la main, Paul,

Je n’ai plus ni pied ni souffle.

Rue Monsieur le Prince

A trois dans un même lit

Après avoir vu la Mouette de Tchekhov avec

Pitoëff

Comment dormir ensemble ?

La jeune fille aux cheveux d’ambre

Entre toi et ton ami

vous avez parlé toute la nuit.

Au matin, le laitier a crié.

Tu écris : « Ce doit être à présent le moment

pour une juste

naissance. »

Inscrite à l’encre invisible

la suture de l’abîme s’entrouvre.

Sur la balance de la mémoire

suis-je victime ou bourreau ?

morte ou survivante ?

Cinquante ans plus tard, le deuil commence.

Je viens vers toi,

je viens vers vous,

pour que le pacte se délie

et qu’au-delà de la forêt si tranquille

coule une eau neuve,

que de l’origine s’échappe enfin une promesse

impossible.

Elle te nommait Antschel,

tu l’appelais Edith,

Vos lèvres n’ont pas prononcé les noms d’après.

T’aurais-je aimé sur les bords de la Loire

Avant que la mort ne vienne d’Allemagne ?

Tu écris :

« D’une clé qui change

tu ouvres la maison où

tournoie la neige des choses tues. »

Ouvre-moi cette maison, Paul.

Apprends-moi la perte et l’écart

Apprends-moi à couper le lien

Et à le renouer de nouveau

Et que vienne le ressaisissement.

« TOI, SOIS COMME TOI, toujours. »

Je te tends la main.

Knokke, février 1997.

Chapitre à paraître dans « Que ce soit doux pour les vivants », 2024, SEUIL, Librairie du XXI e siècle.

À paraître septembre 2024

 Les Moments littéraires, 33, 2015, pp. 73-80 (première mention dans Lettres à l’amant, dix-sept lettres d’écrivains au féminin. Colophon Imprimeur, Grignan, 1997

Festival Paris en toutes lettres

Samedi 20 novembre 2021 – 15H00

Présentation – promenade

LYDIA FLEM – PARIS FANTASME , Seuil

Lieu: Hôtel de l’Abbaye Paris – 10, rue Cassette, 75006 Paris

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Dans le cadre du festival Paris en toutes lettres

Le livre de Lydia Flem décrit une rue et mille vies. Une ruelle du VIe arrondissement parisien truffée de signes littéraires et artistiques, dont elle exhume l’histoire depuis 1518, par le biais de ses habitants. À ce fil, elle tisse celui de sa propre histoire, interrogeant alors notre manière d’habiter le monde. 

Cet ouvrage étant une invitation à la promenade, il sera proposé, après un temps d’échange, d’aller arpenter la rue Férou avec Lydia Flem.  

À lire – Lydia Flem, Paris fantasme – Coll. « La librairie du XXIe siècle », Seuil, 2021.

Suivi d’une séance à 16h30

Lydia Flem, rue Férou comme chez elle

Le monde des livres, 17 mars 2021

« Paris Fantasme » : Lydia Flem, rue Férou comme chez elle

L’écrivaine arpente la petite voie parisienne d’un immeuble à l’autre, d’hier à aujourd’hui, s’y cherche et s’y retrouve aussi. Un livre qui ouvre toutes les portes. Par Fabrice Gabriel

Rue Férou, à Paris.
Rue Férou, à Paris. Franck GUIZIOU/Hemis

« Paris Fantasme », de Lydia Flem, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 544 p., 24 €, numérique 17 €.

La rue Férou n’est pas très longue, qui relie la place Saint-Sulpice au jardin du Luxembourg, dans le 6e arrondissement de Paris : à peine quelques dizaines de mètres, peu de maisons, moins d’une vingtaine de numéros… Mais c’est assez pour qu’y naisse un livre, un monde. Lydia Flem a choisi en effet de mener sur cette artère discrète, vieille de tout juste 500 ans, une enquête originale, rigoureusement documentée mais très librement autobiographique, pour laquelle elle invente un genre à sa façon, comme on improviserait un itinéraire ou une recette de cuisine : une sorte de récit piétonnier, aux multiples registres et saveurs, aux innombrables entrées.

Madame de La Fayette et Jean-Jacques Goldman

Ecrivaine, photographe, amatrice d’archives et traqueuse de signes, l’autrice de Comment j’ai vidé la maison de mes parents (Seuil, 2004) demeure d’abord fidèle à sa vocation de psychanalyste : elle écoute, observe, s’étudie (et se dit). Au seuil de Paris Fantasme, dès l’exergue emprunté à Virginia Woolf, le principe en est explicitement donné : il va s’agir d’interroger la question de l’intériorité, de l’être-chez-soi – dans sa ville, dans sa maison, dans son corps – à travers l’évocation d’une rue d’apparence modeste mais où sont passés (entre autres) Madame de La Fayette et Man Ray, Ernest Renan et Prévert enfant, Hemingway et le poète Michel d’Amboise, l’académicien Michel Déon et même le chanteur Jean-Jacques Goldman, acquéreur en 1996 de l’hôtel particulier dit « de Luzy »… Quelques arpents de Paris deviennent ainsi le lieu d’une sorte de théâtre généalogique, comme une scène ouverte à la mémoire, ses douleurs, ses rêveries.Lire aussi :« La Reine Alice », de Lydia Flem (2011) : Alice au pays du cancer

C’est une mémoire intime, surtout, qui ramène à un traumatisme ancien : « Le jour anniversaire de mes 21 ans, un 15 juillet, à Vienne, je pris la décision d’entreprendre une psychanalyse. Je ne parvenais plus à traverser la rue seule. » Paris Fantasme peut donc se lire comme une tentative – réussie – de re-traverser la rue (la rue Férou : une rue vers où ?), dans l’accompagnement de fantômes nombreux et l’enveloppement d’une famille très présente… Les parents de Lydia Flem sont bien là, en effet, qui ont survécu à la catastrophe centrale de l’histoire du XXe siècle. On les entend et les aperçoit, dans le décor de la ville, mêlant par moments leurs silhouettes à la fresque des noms du passé : voici par exemple la petite Fiat 600 de Jacqueline, la mère, résistante et rescapée d’Auschwitz, qui glisse son souvenir entre les ombres du mousquetaire Athos (il habite rue Férou, nous dit Dumas), du mari de Colette, Henry de Jouvenel (locataire au n° 6) ou de Jean de Mayol de Lupé, aumônier fasciste de la division SS Charlemagne, qui est né au n° 8…

Question cruciale du livre : qui suis-je ?

Paris Fantasme suit l’ordre de numéros ouvrant sur les chapitres comme des portes, tout en ménageant pauses et digressions autobiographiques : Lydia Flem y raconte sa vie et celles des habitants d’autrefois. Il lui arrive même de dire « je » à leur place, pour devenir une comédienne du Français au XVIIIe siècle ou entrer dans la peau du photographe Eugène Atget… Singulier jeu de rôles et drôle d’exercice d’autoportrait, qui révèle – presque à la manière d’une charade – la question cruciale du livre : qui suis-je ? Et comment s’y retrouver, enfant sans repère (ni repaire), aimée de ses parents revenus de nulle part, travaillée par l’angoisse du retour, l’héritage de la perte ? Peut-être en se donnant un territoire – l’arbitraire d’une rue – pour s’y rêver vraie, dans le miroir des existences qu’on imagine derrière les façades, l’au-delà sans tain des fenêtres, la frontière franchie du dedans des autres, du commun dehors.Lire aussi cette rencontre de 2016 :Lydia Flem, de ce côté du miroir

La rue Férou : une rue fourre-tout, pourrait-on dire, sans que l’expression soit inconvenante pour un livre qui revendique sa fantaisie de composition, accueillant listes et chronologies, plans et recettes, lettre (à Man Ray) et journal intime (de l’année 2016), bottin littéraire et longue énumération des synonymes du mot « maison »… Un tel foisonnement formel est comme la réponse à un défi formidable, littéraire et métaphysique, puisque Lydia Flem s’identifie au personnage principal du Château, de Kafka (1926), l’arpenteur K, condamné à l’inachevé du roman, incapable d’accéder au lieu interdit du titre. Or cet interdit est levé par l’écrivaine, avec superbe : « Je suis cet Arpenteur, cette Arpenteuse. Des années se sont écoulées avant que je comprenne qu’il fallait se donner à soi-même la permission de l’habiter. Se déclarer dans le Château, c’est affirmer son plein droit de s’y trouver sans rien justifier. L’appartenance au lieu magique s’énonce et se réalise au même instant, comme si jamais la question ne s’était posée. J’y suis. » Et nous y sommes, heureux, avec elle.Fabrice Gabriel (Collaborateur du « Monde des livres »)

Rue Lydia Flem, Paris

Elisabeth Philippe, Nouvel Observateur 10-16 juin 2021

Lydia Flem rue Férou. A l’arrière-plan, des vers de Rimbaud calligraphiés. Photo : VASANTHA YOGANAN- THAN/ SEUIL

Il est des livres plus hospitaliers que d’autres, qui vous accueillent avec une enveloppante générosité. « Paris fantasme » est de ceux-là. Sans apprêts, un peu en désordre et empli de souvenirs, on s’y sent vite chez soi. Mais justement, « qu’est-ce qui donne le sentiment d’être chez soi quelque part » ? Cette question hante l’écrivaine et psychanalyste Lydia Flem, qui signait déjà en 2004 « Comment j’ai vidé la maison de mes parents », et constitue le point de départ de la flânerie littéraire et introspective à laquelle elle nous convie. Comment habiter son corps, sa maison et le monde, surtout quand on est, comme elle, habité par un peuple de disparus ? Juifs venus de Russie, ses aïeux ont passé leur vie à fuir. Rescapés de la Shoah, ses parents lui ont transmis « le lait noir de leurs cauchemars, de leurs angoisses ». Comment, dès lors, ne plus se sentir en transit, toujours sur le qui-vive ?

Lydia Flem a choisi d’élire domicile dans l’imaginaire et de faire sienne une rue de Paris, la rue Férou, devenue soudain « l’obscur objet de tous [s]es fantasmes » et surtout l’objet de ce livre, promenade zigzagante et joyeusement digressive dans cette rue cachée derrière l’église Saint- Sulpice. Guide érudite, l’autrice nous fait visiter chaque immeuble de cette artère, retrace la vie de ses habitants les plus illustres, qu’ils soient réels ou fictionnels. « Il me fallait chercher à rencontrer des aventures, des destinées, des stèles, des vies, dans une rue où je n’ai pas vécu, pour “sauver” toutes celles et tous ceux que je n’ai pu ni connaître, ni aimer, ni sauver », note Lydia Flem. On fraie ainsi avec Man Ray qui occupa longtemps un atelier inchauffable au numéro 2 bis ; Madame de La Fayette qui vécut au 10, recevant ses invités couchée dans son grand lit galonné d’or ; et encore Voltaire, un prêtre, Chateaubriand, mais aussi d’Artagnan, Manon Lescaut… Rimbaud est également de la partie puisqu’un peintre hollandais a calligraphié les vers du « Bateau ivre» sur un mur de la rue Férou. La ville se fait livre, les mots et la vie tendent à se confondre, au point que Lydia Flem sera tentée de franchir la mince frontière qui les sépare en louant un studio dans sa rue rêvée, pour y jouir, comme y incite Virginia Woolf, d’une « chambre à soi ». Dans cet appartement meublé trône une petite table- échiquier, détail qui suffit à ensorceler l’écrivaine. Man Ray n’at-il pas dessiné les pièces d’un jeu d’échecs ? Tout le livre fonctionne ainsi, par associations d’images et d’idées, comme en psychanalyse. D’ailleurs, à une lettre près, Férou est l’anagramme de Freud. Un signe, encore. Tentative d’épuisement d’un lieu à la Perec, déambulation savante et lettrée à la façon de Didier Blonde, « Paris fantasme » se distingue par sa fantaisie, par la liberté avec laquelle voisinent archives, portraits, journal intime et même recettes de cuisine, dont celle du pot-au-feu d’Alexandre Dumas servi dans une « casserole capitonnée de jambon ». Lydia Flem métamorphose les fantômes en fantasmes, anamorphose l’espace pour en repousser toujours plus les limites. Avec elle, la littérature demeure l’un des plus sûrs et des plus riches abris. ■

par ÉLISABETH Philippe

La Grande Librairie ce soir, 26 mai 2021