La vie quotidienne de Freud et de ses patients / L’Homme Freud

« Lors de sa parution en 1986, le livre de Lydia Flem avait rencontré une large audience. C’était le premier ouvrage d’une jeune femme qui arrivait sur une scène où se bousculaient tant de figures de la psychanalyse en France. Sa venue avait néanmoins retenu l’attention de ceux qui espéraient un renouvellement du langage psychanalytique.
Lydia Flem entreprenait non pas « un retour à Freud » mais un cheminement avec lui, à travers un style qui, en un sens, traduit en écriture le geste sensible de Freud prenant l’auteure par le bras dans un rêve qui présage le livre et qu’on lit en ouverture.
Dans son ouvrage l’auteure choisit de souligner l’importance de ce que Freud veut dire par « cristallisation des expériences de la vie quotidienne » en adoptant une démarche qui allie histoire et littérature. Car c’est dans son écriture que Lydia Flem éclaire l’entrelacement du sensible et de l’abstrait qui sont au principe de l’élaboration du quotidien comme concept freudien. Lorsque l’écriture n’est pas qu’un moyen, mais le lieu d’une expérience, comme dans le cas présent, elle produit l’écrivain, plus exactement cette sorte d’écrivain qui conduit son lecteur à éprouver le passé comme un présent vivant, parce qu’il a engrangé ce que le savoir historique du moment a établi en le traduisant dans un récit et dans un style.
On mesure, dans un après-coup de trente ans, combien ce premier livre d’une jeune auteure (elle avait trente-trois ans) a creusé un sillon dans lequel furent semés d’autres livres dont le quotidien est au cœur du récit, en pensant à Comment j’ai vidé la maison de mes parents (2004), ou bien àLa Reine Alice (2011). »

Fethi Benslama

Presse : Véronique Bergen, Le Carnet et les instants.

Vidéo : Apostrophes 21 février 1986

« S’il y eut un maître du quotidien, c’est bien Sigmund Freud. Au coeur de son oeuvre, le rêve, le mot d’esprit, l’enfance, l’étrange, l’oubli et l’erreur occupent une place de choix. Freud édifie une théorie à partir de sa propre intimité, de la trame de ses jours et de ses nuits, de tous ces petits riens qui, avant lui, étaient « insignifiants », et il y cherche, en savant, les traces d’un monde dont il fait l’hypothèse – celui de la réalité de l’inconscient. Évoquer aujourd’hui les faits et gestes de Freud et de ses visiteurs, ce n’est pas seulement peindre l’atmosphère discrète et passionnée d’un petit cercle de Viennois et d’étrangers de passage à Vienne ; car c’est précisément de leurs amours, de leurs rêves et de leurs angoisses qu’est née la psychanalyse. Dora, le Petit Hans, l’Homme aux loups cessent ici d’être des cas familiers de la galerie des portraits freudiens, pour redevenir des êtres de chair et de sang, parfois proches amis ou voisins de Freud, parfois venus de très loin, au-delà des frontières de l’empire austro-hongrois. A travers les récits et les lettres de ceux qui ont fréquenté le cabinet de Freud – Lou Andreas-Salomé, Marie Bonaparte, Theodor Reik… nous découvrons un homme qu’on a souvent dénoncé comme lubrique alors qu’il était puritain, et qu’on disait austère alors qu’il se montrait passionné et plein d’humour. C’est en 1886, il y a exactement un siècle, que Freud ouvrait son cabinet et faisait de la vie privée l’enjeu d’une recherche qu’il voulait scientifique, et du pouvoir des mots un outil de guérison. »

L’Homme Freud, Seuil, 1991.

« Après La Vie quotidienne de Freud et de ses patients, Lydia Flem nous fait rencontrer Freud, la plume à la main, écrivant le roman de l’inconscient.

A la manière d’un détective, Lydia Flem cherche à connaître l’homme avec l’œuvre. Elle se glisse dans son intimité créatrice pour tenter de comprendre comment il invente la psychanalyse et découvrir les secrets de son pacte avec l’inconscient. Elle restitue ses passions pour l’archéologie, l’amitié, la nature. Elle montre comment les idées de Freud s’articulent à ses gestes quotidiens, ses lectures à son expérience clinique, ses voyages à son auto-analyse, sa vie onirique à l’élaboration de sa théorie, ses amitiés à l’écriture de son œuvre. Tout se mêle et prend un sens, le charnel avec l’abstrait, le trivial avec le sublime, le jeu avec le sérieux. Freud dit ainsi des choses extraordinaires avec des mots ordinaires.  »

Extraits :

“Freud est toujours ailleurs, son identité est irréductible à un espace clos; il n’est jamais là où on pense pouvoir le cerner. On le croit sur le chemin de Rome mais il marche aux côtés de son père sur le trottoir de Freiberg. Quand il regarde Athènes, Jérusalem lui trouble la vue”.

 Conférences et articles

Princeton University Press, 2016

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Sigmund Freud (1856–1939)

Judaism Essentiel and Mysterious

Lydia Flem

« When Sigismund Schlomo Freud turned seven, his father, Jakob, opened the family Torah for him. The biblical story he presented for Sigmund to read was from the remarkable bilingual German-Hebrew edition, the Israelitische Bibel. The stories in this edition were illustrated and included commentaries by the Reform rabbi Ludwig Philippson in the spirit of the Aufklärung, the Judaism of the En- lightenment. This exceptional version of the Bible is subtitled Den heiligen Urtext, and for Freud this first book of stories and images was a fundamental, founding text. »

(translated by Catherine Temerson)

Freud, poète de l’inconscient, 1998, revue Alliage 37-38, (colloque à Nice)
« Dans une lettre à Sandor Ferenczi, Freud résume son processus de création, qu’il décrit lui-même comme : la succession d’un jeu audacieux de la fantaisie et d’une impitoyable critique au nom de la réalité. »

Traductions

Traduit en espagnol (NuevaVision, Argentine, 1992), en allemand (Campus, Francfort-sur-le-Main, 1993), en portugais (Campus, Brésil, 1993), en grec (Psichogios, Athènes, 2001), en anglais (Other Press, USA, 2003).

Presse

Les déguisements de Freud, Le Monde, Roland Jaccard.

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